14/05/2017
Les cathares, croisades

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DÉBUT DE LA PREMIÈRE CROISADE CONTRE LES CATHARES (1209-1213)





La croisade contre les albigeois
illustrée par Moretti sous les arcades de la place du Capitole à Toulouse


Chronologie
1209 début de la croisade
- 15 août: prise de Carcassonne

- fin novembre : prise d'Alaric
1210
- Mars :Montlaur (N-E), habitants pendus
Bram (Ouest de Carcassonne), supplice : on creva les yeux à un centaine de cathares
- Avril : Cabaret (Nord de Carcassonne) attaque
Alaric (S-E de Carcassone) siège et prise du château
- Mai : échec de l'alliance Pierre II d'Aragon et les barons du comté de Carcassonne à Montréal
- Juillet :Minerve (N-E de Carcassonne 1er bûcher : 140 cathares brûlés
- Aout-Nov. : Puivert (S-O), Termes (S-E) siège et prise
1211
- Mai : Lavaur (entre Albi et Toulouse) 300 à 400 cathares brûlés
- mai : Les Cassès (S-O de Castelnaudary) 60 cathares brûlés.
- juin échec du siège de Toulouse
1217 : Prise de Montgaillard et soumission de Peyrepertuse

Les préalables
Deux points restent à éclaircir avant d'intervenir, la neutralisation du comte de Toulouse et l'accord de son suzerain, le roi de France Philippe Auguste (Auguste parce que né en août) déja excommunié. La neutralisation du comte de Toulouse est facile à obtenir avec sa mise en cause du comte dans le meurtre, le 14 janvier 1208 alors qu'il traversait le Rhône à St-Gilles, de Pierre de Castelnau, légat du pape depuis 1202 en remplacement du cistercien Raynier. Le nouveau légat qui le remplacera Arnaud Amaury ne tardera pas à devenir malheureusement célèbre. Mais le comte de Toulouse qui comprend l'imminence du danger s'empresse de faire amende honorable à St-Gilles, en s'humiliant dans une cérémonie de pénitence pour se racheter. Le 22 juin 1209, il se retrouve à jurer sur les évangiles et à se mettre au service des croisés dans le cadre de l'Ost, période de 40 jours qu'il doit à son suzerain. Raymond VI plaçait ainsi ses biens sous la protection du Pape. Après lui avoir fait miroiter les terres qu'il pourrait ainsi s'octroyer, le roi de France, mobilisé par ses démêlés avec les anglais, refuse tout net. Finalement devant l'insistance de bons nombre de grands vassaux tels le duc de Bourgogne ou le comte de Nevers qui le suppliaient de les laisser partir, il céda mais dès lors on n'obtint rien de plus de sa part.

Le cadre féodal
La croisade contre l'hérésie cathare se fera donc dans le cadre féodal avec la bénédiction du roi de France, les seigneurs doivent donc y participer 40 jours selon le principe de l'ost. Un rassemblement important de seigneurs du Nord parlant la langue d'oïl incompréhensible pour les gens du Sud se forme ainsi à Lyon dans l'été 1209.

Le paiement de la croisade
Le roi de France refuse de participer à la dépense, elles seront donc réglées par des contributions locales et en cas de refus par des pillages et des rapines.

La première campagne (été-automne 1209)
Le gros de l'armée part paisiblement de Lyon, soumet valence , traverse le Rhône à Beaucaire, évite Montpellier, fief de Pierre II d'Aragon, et file sur Béziers fief des Trencavel, comte de Carcassonne, ou ils arrivent, au cœur de l'été, le 21 juillet 1209. Raymond VI qui a rejoint les croisés va les guider et se monter fort utile sur les terres de non neveu qui n'avait de cesse de lui faire la guerre.

Béziers refuse de livrer les hérétiques
A l'arrivée des troupes croisées, les habitants de Béziers sortent sur les remparts pour narguer les croisés. Arnaud Amaury, nouveau légat du pape juge qu'une démonstration de force est nécessaire. L'évêque de Béziers lui donne une liste de 223 hérétiques, mais la population refuse de livrer les hérétiques. L'évêque quitte la ville avec seulement quelques catholiques. Une bande de ribauds donne alors l'assaut et massacre es 20.000 personnes qui restent, catholiques compris, dans la ville qui sera totalement pillée et incendiée. Tuez-les tous aurait dit le prélat du pape Arnaud Amaury, Dieu reconnaîtra les siens.

1er août 1209 siège de Carcassonne
C'est devant le même ultimatum de livrer les hérétiques que le comte Trencavel quitte la ville de Carcassonne dont il est le seigneur. Malgré la résistance héroïque de ses habitants, la ville sera finalement prise et son comte jeté en prison d'où il mourra, 3 mois plus tard, en novembre.

Simon de Montfort

Le légat, au nom du pape, et contre les règles féodales, sans consulter son suzerain, le roi de France dépossède Trencavel et attribue son fief à un vicomte peu connu, Simon de Montfort. C'est une manœuvre subtile car ce dernier n'a pas de lien direct de vassalité avec le roi de France contrairement à d'autres seigneurs plus puissants qui refuseront. Les forces dont dispose Montfort vont cependant se réduire en août car beaucoup de chevaliers qui ont terminé leur période d'ost de 40 jours repartent dans leur fief.

L'hommage des vassaux
Le nouveau suzerain doit maintenant recevoir l'hommage des vassaux. La plupart s'y refusent. Simon de Monfort lève alors un impôt pour remercier Rome, totalement illégal. Simon de Montfort va alors agir autour de Carcassonne comme un véritable soudard, les bûchers vont commencer.

Les bûchers commencent
A Cabaret, le seigneur qui était probablement cathare ne veut se soumettre, le premier bûcher commence.

Les campagnes annuelles de Montfort 1210, 1211, 1212
Chaque année c'est le même processus, au milieu de l'été de nouveaux croisés venus du Nord arrivent, pour la durée de l'ost, attirés par des seigneuries à acquérir. Les campagnes de 1210 à 1212 sont des périodes d'une grande cruauté.

La bataille de Muret 1213
Muret est situé au sud de Toulouse. Le 30 août 1213, Le comte de Toulouse et le roi d'Aragon se lancent à l'assaut des troupes de Simon de Montfort. 20.000 hommes dont le roi d'Aragon, périront, la plupart noyés, sur les bords de la Garonne. L'écrasement des forces aragonaise et toulousaine ouvre désormais la voie à une domination sans limite de Simon de Montfort.



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