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Inquisition, les bras attachés dans le dos et tenu par un collier
L'Inquisition
viendra à bout de l'hérésie cathare et délivrera
les terres saintes des infidèles. Si l'église a repris le
contrôle spirituel du Midi, c'est la royauté française
qui est la grande bénéficiaire de la croisade impulsée
par Blanche de Castille et longue de près d'un siècle.
Avec le rattachement à la couronne, et la stabilisation de frontière
avec l'Espagne, c'est aussi tout le Languedoc qui a perdu son élite
et son esprit de tolérance dans cette guerre sans merci.
L'hérésie
cathare et l'inquisition
C'est en avril 1233 que commence véritablement L'Inquisition.
Le
pape Grégoire IX qui a succédé à Innocent
III décide de prendre les affaires en mains, sans avoir de
comptes à rendre ni aux évêques ni au pouvoir civil.
Il va s'appuyer sur les ordres religieux, les dominicains et les franciscains.
Les tribunaux de l'Inquisition
Le mot "Inquisition" vient du latin "inquirere"
qui veut dire s'enquérir. Le 4ème concile de Latran
en avait fixé les règles, c'est à dire, la remise
des hérétiques au pouvoir civil pour y être jugé.
Mais la procédure est très expéditive, le tribunal
annonce son arrivée dans la ville et interpelle sur dénonciation.
Il suffit qu'un témoin ait vaguement vu ou entendu, on arrête
immédiatement l'accusé qui n'a pas le droit d'être
assisté d'un avocat. On recours à la torture pour les aveux,
ingestion d'eau, pieds brûlés, torsion des membres. A la
fin du procès, la sentence est rendue et le condamné est
remis au pouvoir civil pour exécuter la condamnation, très
souvent la peine perpétuelle de prison que l'on appelle les
Murs ou la "Mure". On exhume également des cadavre
de suspect pour les brûler. Le tribunal est simplement composé
d'un prêtre et de deux laïcs.
La riposte
C'est dans ce climat que Raymond II Trencavel veut reprendre les
terres confisquées à son père par Simon de Montfort.
Bénéficiant du soutien de la population et après
avoir levé en Catalogne une armée de faydits, il arrive
à Carcassonne en septembre 1240, mais échoue devant
les armées royales. Il doit se réfugier en Espagne, c'en
est véritablement fini des espoirs des cathares.
La
tentative de reconquête
Entre 1233 et 1240, les conflits se multiplient entre les
inquisiteurs, les autorités et la population. Raymond VII
est désormais prié en 1237 de se rendre en terre
sainte, finalement il ne s'y rendra pas. Les populations des Corbières
se soulèvent pendant l'été 1240 sous l'impulsion
de Raymond II Trencavel secondé par Olivier de Termes.
Raymond II met le siège devant Carcassonne, et finit par s'enfuir
à l'arrivée d'une forte armée royale conduite par
Jean de Beaumont.
La fin des cathares
Jean de Beaumont va alors se lancer à sa poursuite
et reprendre toutes les Corbières qui s'étaient rebellées.
La répression est féroce. Les habitants des châteaux
qui résistent sont brûlés, ceux qui se rendent sont
épargnés ou emprisonnés. Entre 1240 et 1255, tous
les seigneurs vont livrer les uns après les autres leurs châteaux,
Montségur en 1244, Quéribus en 1255, Aguilar
en 1241, Puilaurens en 1245.
Les cathares deviennent croisés
Après leur soumission au roi de France, Saint-Louis,
beaucoup de seigneurs essaieront de se racheter, à l'exemple, d'Olivier
de Termes, en accompagnant le roi de France en Terre Sainte. En 1255,
les derniers refuges cathares étant désormais livrés,
il faudra cependant attendre encore 70 ans avant de voir périr
sur un bûcher le dernier cathare.
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