13/01/2016
Les Cathares

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Le cadre et les acteurs de l'hérésie cathare (XII-XIVe)


L'assassinat en 1208 de pierre de Castelnau archidiacre de Fontfroide, ici gisant, sera le prétexte de la croisade. Ici reconstitution pour "la caméra explore le temps" de Stellio Lorenzi. St Dominique à droite bénit le cadavre de Pierre de Castelnau, à sa gauche se tiennent Foulques, évêque de Toulouse et, avec la croix, Simon de Montfort.

Le régime féodal des seigneurs
On ne peut comprendre le déroulement des événements si on ne connaît pas les mécanismes et les éléments fondamentaux des XII-XIIIe. Le système féodal définit des obligations de service et d'obéissance d'un vassal envers son suzerain. Les droits du seigneur sont de deux ordres, sur le sol et banal, sur les gens. La seigneurie se compose de la réserve que le seigneur exploite en gestion directe et des tenures concédées à des paysans, les tenanciers. Le droit banal est le pouvoir de lever l'impôt, la taille, de juger et de punir. Des liens vassaliques compliqués ne facilitent pas les choses car le sol d'une tenure peut dépendre d'un seigneur et le droit banal d'un autre. Les seigneurs construisent désormais leurs châteaux en pierre, alors que jusque l'an 1000, ils les construisaient en bois.

L'église

Encore un petit effort, cher lecteur, pour bien comprendre la mentalité d'un homme ou d'une femme vivant en ce début du XIIIe. L'église et la religion ont un rôle important. On a peine à se rendre compte aujourd'hui du poids qu'avait à l'époque la papauté en matière politique. La vie est rythmée par les fêtes religieuses et c'est le curé qui fait part aux habitants des décision de l'évêque mais aussi de celles du seigneur. L'acteur principal est donc le Pape. La papauté s'est dotée d'une doctrine, la théocratie, en vertu de laquelle elle estime détenir la souveraineté des affaires temporelles. La papauté peut ne pas exercer directement l'autorité politique, à condition que celui qui l'assume la reçoive de la papauté et soit contrôlée par elle. En ce début de XIIIe siècle les conditions politiques sont favorables au Saint-Siège qui contrôle la vie politique dans plusieurs états catholiques et se place désormais en suzerain naturel de tous les pays catholiques. L'église peut compter sur son clergé mais aussi sur de nombreux ordres religieux.


Les données politiques
la tragédie cathare ne peut se réduire à son seul aspect religieux, il y a aussi le système féodal. Le
comté de Toulouse, compte tenu de son importance, est au cœur des événements. Le comte de Toulouse qui est en plus duc de Narbonne, marquis de Provence est avant tout un vassal du roi de France, mais aussi du roi d'Angleterre, de celui d'Aragon et d'Allemagne car Arles fait partie du domaine impérial germanique.

Contre l'église et les seigneurs
Si l'hérésie cathare progresse aussi rapidement aux XI-XIIe siècle, on le doit principalement à un mouvement de révolte contre les avantages des seigneurs et du clergé. C'est donc, au départ, un sursaut contre une religion et une société dominante aux nombreux privilèges, qui sera le détonateur du mouvement. De plus, les châtelains devenus seigneurs tels ceux de Termes ou ceux de Peyrepertuse qui n'hésitent pas à utiliser la violence et la rapine pour s'approprier souvent illégalement les terres des abbayes exaspèrent.

Cathare contre féodalité
La hiérarchie sociale justifiée comme une création divine est perçue comme une in,justice, une création du mal et n'apparaît pas comme le reflet d'une volonté de Dieu. La naissance, donc le sang qui fonde la distinction sociale ne peut être qu'une invention satanique. Les cathares vont s'infiltrer dans ce mécontentement et condamneront le pilier de la féodalité qui est le serment fait par tout seigneur et son vassal.

Soutien des seigneurs
Mais le catharisme, après un démarrage plutôt populaire va curieusement se développer auprès de la noblesse que les cathares vilipendent. En effet, les seigneurs ne sont pas fâchés de voir les cathares s'attaquer à l'église dont elle convoite les immense domaines. La noblesse va donc soutenir ouvertement ses sujets qui supportent, de moins en moins, l'impôt du clergé, la dîme.

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