14/01/2016
Les cathares

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Les rituels cathares (XI-XIIIe Siècle)




Le miracle du feu. Même si les habits ne sont pas d'époque, on retiendra qu'un ouvrage offert par St Dominique aux albigeois résista à l'épreuve du feu. Le moment crucial pour un cathare est celui du "consolamentum" qui lui assure le salut éternel. Le rite était pratiqué par les parfaits sur les fidèles à l'article de la mort mais conscients. Le "consolamentum" remplaçait ainsi les sacrements catholiques. Les prêtres cathares se reconnaissaient aisément avec les cheveux longs et la barbe. Ils étaient vêtus de noir et portaient une sorte de toque ou de bonnet rond. La doctrine cathare aboutit à rejeter le système féodal, le paiement des impôts, la justice seigneuriale ou royale.


Évangiles (bonne nouvelle) : Ensemble des quatre livres, écrits du Nouveau Testament, où sont consignées la vie et les paroles de Jésus-Christ. Ils sont attribués à Matthieu, Marc, Luc et Jean. Leur rédaction se situe entre 70 et 80 pour les trois premiers et vers l'an 100 pour le quatrième.

Une religion sans église
Les cathares n'avaient pas de lieu de culte, peu de sacrements et niaient l'eucharistie. C'est un clergé itinérant qui délivre les sacrements et dévoile les textes, dans les maisons, les châteaux ou sur les places de village.
La hiérarchie cathare
A la base, les simples croyants, rattachés au rite par le "méliorament" ne font pas partie de l'église mais doivent montrer du respect à l'égard des "parfaits" en les adorant, c'est à dire en faisant trois génuflexions en face d'eux pour recevoir en échange le baiser de bénédiction. Au dessus, les novices doivent s'habituer aux abstinences rituelles, puis les prêtres, d'anciens novices depuis au moins un an ayant reçu le "consolament" de l'évêque lors d'une cérémonie. Enfin au sommet, les évêques, un seul d'abord, celui d'Albi en 1167, puis quatre autres Toulouse, Agen et Carcassonne et le Razes.
Le rite du "consolament"
Les écrits donnent une image de la vie du simple croyant assez proche de celle d'un fidèle catholique. Incités à se conduire comme de bons chrétiens, les croyants saluent par une triple génuflexion, le meliorament et assistent aux prêches, voire aux cérémonies toujours collectives, comme le "consolament".
Le "consolament" est un véritable baptême délivré en deux occasions, soit lors d'ordination des nouveaux prêtres réservée aux novices, des hommes et des femmes, croyants depuis au moins un an, ou alors aux croyants qui le demandaient à l'article de la mort. Pendant une période probatoire fixée à un an, le novice pouvait ainsi s'entraîner aux abstinences rituelles assez rigoureuses. Concrètement le croyant se mettait à genoux, une main sur le livre des évangiles, faisait la promesse d'adhérer à la foi cathare en déclarant accepter la règle de l'abstinence. Il recevait ensuite d'un "parfait" la "consolation", une simple imposition des mains.

Les abstinences rituelles
Continents, abstinents, végétariens, non-violents, pauvres, entraînés à la parole publique, à la prédication, instruits des textes sacrés, les cathares parcourent les routes. Le parfait doit respecter l'abstinence, s'abstenir de tout rapport sexuel, de consommer de la viande, des œufs, du lait. Le poisson est curieusement autorisé. Il doit respecter trois carêmes de quarante jours chaque année avec certains jours un jeune renforcé n'autorisant que le pain et l'eau. Les parfaits doivent vivre à deux et travailler, posséder leurs instruments de cuisson et les laver 5 fois. Il leur est interdit de prêter serment.

La métempsycose
Les cathares croient en la métempsycose, réincarnation de l'âme après la mort dans un corps humain ou celui d'un animal. Les hommes qui n'avaient pas été consolés voyaient donc leur âme errer, jusqu'à 9 fois, d'être en être et se réincarner dans un autre homme, une femme ou un animal qu'il était donc interdit de tuer car pouvant abriter une âme. La fin du monde n'était pas catastrophique mais une extinction progressive, les âmes sauvées désertant la terre et Satan restant seul dans son néant.

Les prières, le notre père
Encore prononcée en 1947 par une paysanne ariégeoise, c'est une prière assez longue commençant par : Père saint, juste Dieu des Bons Esprits, toi qui ne te trompas jamais, qui jamais ne mentis, qui jamais n'erras, qui jamais ne doutas afin que nous ne mourrions pas dans le monde du dieu étranger (le malin) puisque nous ne sommes pas de son monde et qu'il n'est pas des nôtres, apprends-nous à connaître ce que tu connais et à aimer ce que tu aimes.

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